Apocalypse

Le ciel s’assombrit rapidement
Sous une couche de nuages menaçants
On sentait la tempête et les vents se levés
Une odeur de violence parsema l’atmosphère
Subitement la terre se mit à trembler
Et une énorme explosion se fit entendre
Le silence total suivi accompagné d’une lumière
Éblouissante de par sa puissance et aveuglante
Une rafale de pluie s’abattit à une rapidité incroyable
Fouettant au sang les humains errant à l’extérieur

La nature déchainée criait sa rage sur nos têtes
D’une minute à l’autre le noir nous gagnerait
Tous sans exception puisqu’elle en avait décidée ainsi
Au fil du temps elle nous avait prévenus à répétition
Laissant la vie suite à son grand passage
Mais cette fois-ci la mort règnerait

L’heure de la vengeance avait sonnée
Rien n’y personne ne pourrait empêcher
Son massacre engendré par tous ses sacrilèges
D’une espèce sans merci, sans pitié pour elle

Vision

Marchant sur la pointe des pieds
Souffle entièrement retenu
Comme un chat guettant sa proie
J’observe ces moindres gestes
Les yeux ronds aux reflets brillants
Je m’arrête sans trahir ma présence
Dans la pénombre de la nuit
Seule la lune perchée aux nuages
Perce l’obscurité aveuglante

Je reste immobile au creux d’un arbre
Bouclier vivant, d’énormes racines
Mon regard se faufile entre elles
Nul peur, ni pression m’effleure
Glissant sur mon esprit
Sans la pénétrer

L’ombre de mes tentations
Réflexions silencieuses
Sans bouger pour l’instant
Je capture les images
Satisfaisant ma curiosité
De découvertes innédites

Balade hivernale

Un tapis blanc scintillant se déroule à mes pieds
Sous un ciel complètement dégagé
Le soleil insistant embrasse mes joues
Du haut de leurs branches les arbres me sourit
Accompagnée par le silence d’une nature gelée
Suivant différentes empruntes sur la neige
À la rencontre de plusieurs chemins
Pas à pas je me glisse dans la forêt

Le froid commence à mordre mes cuisses
Ce qui ne m’empêche pas de m’arrêter
D’observer avec admiration les paysages
Sortir les doigts de mes mitaines
Et capturer la beauté en images

Détresse

Quand l’urgence se fait de plus en plus sentir
Une alerte se déclenche dans notre tête
Le manque fait son œuvre grandissant
Raison et sens n’existent plus

Trouver ce qui pourrait apaiser
Oublier pour un instant
L’inévitable chaos

Respirer profondément
Laisser nos idées
S’envoler

Libres, elles pourront s’évaporer
Et disparaitre rapidement
Pour calmer la folie

Le torrent passé
L’accalmie revient
Elle nous enveloppe
Tendrement dans ses bras

Jusqu’à la prochaine tempête…

Walk on the sky

Lorsque le moment est si fort
Vivre l’instant semble indéfinissable
Les mots nous manquent terriblement
Puisque aucune description ne l’égale
Notre corps et notre esprit sont en pâmoison
Captivés par ces minutes qu’on voudrait figer
À tout jamais pour les conserver intact

La réalité nous rattrape par la suite,
Une nostalgie si présente se fait sentir
Évitant de trop y repenser, car c’est passé
Pourtant bien récent, la poussière retombe
Comme la fine neige qui se dépose sur le sol
Le froid s’installe et gèle doucement la nature
À croire que l’intensité est furtive, elle nous anime
Et s’évapore aussi rapidement que les flocons
Sous la chaleur du soleil plombant de l’après-midi

Expirer grandement le bonheur qui nous a gagné
Lui redonné sa liberté pour mieux qu’il revienne
Sans attendre sa visite, le laissé nous quitter
Accepté sans regret sa venue et son départ
Les nombreuses richesses du temps disparus
Qui nous a été donné de goûter passionnément

Succomber à la banalité

Gifles du temps en nous pauvres mortels
Courir après lui pour retenir poussière
Alors qu’il passe silencieusement
Laissant nos esprits furtifs

Chercher un sens, saisir l’importance
D’une existence tangible, sans plus
Pour une promesse d’un futur
Douteux, comme nos lendemains

Se fondre dans le rationnel
Pour tenir en équilibre
Et éviter la folie

Constant contrôle de tout
Sous différents masques
Oubliant de vivre
Éternels innocents

Résistance

La déception d’un refus déchire
Un deuil est à faire sans contredit
Mais quand un soupçon d’espoir
Tente de semer des doutes
Nos pensées ne savent plus
Attendre le pire ou vouloir
Sans condition, souhaiter
Au risque de se heurter
Et tomber de haut

Quand l’on croit ne pas pouvoir
Alors que le rêve part en fumé
Une personne nous tend la main
Et nous montre la lueur du possible

Croire en soi, malgré tout
Personne et aucune parole
Ne pourra venir à bout de nous
Chaque jour est un nouveau départ
Que le passé ne sait pas déchiffrer

Laissant les hier s’affronter entre eux
Savoir se réinventer constamment
Apaiser nos craintes les plus profondes
Faire faces à nos plus grandes ambitions
Et prendre les moyens pour réaliser

In the dark

Longtemps et précieusement cachés
Dans un but ultime de protection
Éloignés des regards curieux
Laissé seul dans la noirceur
Perdant de leurs éclats
Vieillissant en silence
Des trésors ensevelis

Succombant au temps
À l’abri de vilaines âmes
Privées d’admiration
Heure de gloire disparue
Pour la conservation

Ces beautés désespérées
Attendant d’être retrouvées
Immobiles au milieu de nul part
Ou encore ancré dans l’esprit
De l’humain qui veut oublier

Comme des valeurs
Flammes de courage
Éteintes par les larmes
Cherchant à être ravivées
Pour sortir de l’ombre

Des maux soufflés

Quand le mal se fait insupportable
Il est temps d’abattre la douleur
Arrêter la douce morsure
Que ses dents se retirent
Pour faire respirer la blessure
Où la pluie et le soleil y viendront
Déposer leurs caresses voilées
La cicatrice témoignera de la torture
Et le  corps tentera d’oublier le combat
Tandis que le cœur gelé
Retient des larmes de feu
Battant toujours dans l’espoir

Âme d’enfant

Jouir de la vie, nos sens en alertes
Dans une montagne russe d’émotions
Frôler au ralentit ces sentiments
Les porter au creux de notre cœur
S’émerveiller des odeurs, des textures
Des couleurs riches défilant à nos yeux
Plein la bouche de saveurs délicieuses
Verser des larmes à l’écoute d’une mélodie
Danser à toute heure du jour ou de la nuit
Sortir pieds nus et jouer dans la boue
Rire aux éclats à en avoir mal au ventre
Ouvrir grand nos bras aux autres
Embrasser fougueusement l’éphémère
Caresser la douceur du moment
S’imprégner de son essence
Jusqu’à notre dernier souffle